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Memories - Partie 4 : 2004

A ce moment-là 2003 se termine, on est une dizaine à skater sur Blois les jours de grosses sessions (quasiment tous les anciens ont arrêté, à part Romain B de la Halle), mais on est plus à bloc que jamais, malgré les 1°C à l'ombre. Mort du spot du parking Rocheron, l'un des pseudo-teufers s'est avéré être un gros con et a taggué tous les murs de la résidence à la bombe noire dégueulasse, forcemment le gardien qui pourtant jusqu'ici se montrait vraiment super conciliant avec les skaters au point de ne rien dire alors qu'on faisait des modules Légo avec les poubelles du bâtiment, ça lui porte un coup, du coup désormais c'est 'tolérance zéro'... Quelques embrouilles anecdotiques entre certains pour une histoire de pot de fleur cassé sur un spot, qui ne durent pas plus longtemps qu'un feu de paille jeté dans l'océan. Street à mort, super hardcore, à grinder les ledges de Valin et à essayer de trouver des nouvelles lines à Ave Maria, tous les jours entre potes, on est peut-être moitié moins qu'à une époque du coup l'ambiance est différente, mais toujours aussi fun, c'est la grande époque de la Kirby Team qui sont désormais les derniers skaters de Blois Vienne, on skatera même des poutres et un matelas dans le grenier de l'un d'eux (Alexis aka. 'Monfion' pour les intimes). David skate toujours mais vient moins souvent sur Blois, néanmoins quand il vient les sessions sont toujours vraiment sympa. 21 janvier, on se fait virer trois fois de la Halle en cinq minutes parce que le maire est en train de donner son speech de nouvelle année dans le bâtiment voisin, on essaye de s'y pointer mais on se fait gentiment refouler (normal). Steven sacrifie une casserole de sa maman pour fabriquer une 'wax magique' en faisant fondre ensemble tout ce qu'il peut trouver de glissant (vaseline, bougie, savon, produit vaisselle Babybel...), au final il obtient un genre de gros bloc multicolore mais qui transforme n'importe quel granit en marbre en un passage. Gros coups de tête plusieurs jours par semaine, en pleine session street à Blois on décidera à moult reprises avec Steven de se rendre au petit bled voisin (Saint Gervais) simplement histoire de taquiner le petit quarter vert dans le coin du petit park local au sol complètement blindé de cailloux. Epoque du 'chien parabole' (la concierge FNiste de l'IUT en face de la Halle aux Grains qui appelle les flics à chaque fois qu'elle voit des skaters en sortant son chien ayant doté ce dernier d'une minerve), tout un programme, on rigolera moins quand sa propriétaire essaiera de renverser Steven en bagnole près d'Ave Maria sous prétexte que 'ç'en aurait fait un de moins'. Un certain Tarek passe à la Halle et fait ses premiers tours de roulements.

Début février, gros abus policier, lors d'une session à la Halle Alexis 'Monfion' se voit balancé tête la première contre le fourgon et fouillé des pieds à la tête alors que quasi assommé, au final après lui avoir pété un bracelet on lui videra son sac au sol avant de lui demander des excuses, tous les skaters présents ont la haine mais rien à faire à part fermer sa gueule (ça n'est que bien plus tard qu'on apprendra l'existence du code de déontologie policière et les recours possibles). On croise régulièrement deux gusses en mountainboard sur les spots, Steven en empruntera un, essaiera direct de gaper quatre marches avec une bordure avant (à Ave Maria), résultat : une dent et demi en moins et une cheville tordue. Premiers ollie late fs shove-it et hensley complies, appris complètement par hasard. Pris de court pour mon orientation, je me rends à plusieurs reprises au CIO pour faire des tests et plus ou moins victime de pression parentale, je commence à envisager l'idée de deux ans d'IUT services et réseaux de communication. En février, Sidaction sponsorise l'ARSB, du coup tous les skaters et rollers de la ville sont conviés à une grosse manifestation de distribution de capotes gratuites dans le centre-ville et les rues piétonnes, affublés de t-shirts de la campagne (d'ailleurs j'ai toujours le mien), bons souvenirs bien fun. Un mois plus tard je discute sur le quotidien du skate en street à Blois et l'utilité d'avoir un park avec Steven, le président de l'ARSB et une pratiquante de roller fitness dans les locaux de la station de radio du Loir-et-Cher (Plus FM) au cours d'une émission débat, puis je fais un stage de deux semaines au service des sports de la mairie pour concocter le dossier du projet qui ne constituait jusqu'alors qu'en un catalogue Cardinaud et deux ou trois prospectus de fabricants divers jetés à l'arrache dans une pochette, alors que la mairie avait communiqué à l'ARSB que le projet était en bonne voie, effectivement, ils avaient juste oublié de préciser qu'il s'agissait d'une voie de garage... Je me mettrai à fond dans le dossier, demanderai des devis et tracerai des plans après m'être renseigné sur les normes, au final je terminerai même quelques jours en avance.

La mode skate est à son apogée, on croise vraiment n'importe qui sur une planche et avec les vacances d'été qui arrivent, c'est la mode des teenagers avec pics sur le bonnet péruvien, gel dans les cheveux pour fucker le système, graffitis revendicateurs dont on a aucune idée de la signification (testé et approuvé, je me marre !) sur le sac et board tagguée anarchie qui envahissent la Halle. Romain S devient bien fort mais choppe le melon en contrepartie pour les quelques mois qu'il passera encore sur une planche, Tarek de son côté est en proie à une phase de progression qui fait halluciner absolument tout le monde, à gaper les six marches en bas de chez lui avec de gros catchs avec un style et une vitesse énorme et à dropper des murs de deux mètres de haut complètement verticaux en elevator, tout en apprenant des impertinences techniques en flat qui en font baver plus d'un en OUT, après seulement quelques mois de skate. Je fais mon mythique heelflip fs darkslide to fakie zipette sur le ledge des six marches de Valin. L'été est particulièrement chaud, du coup avec Steven on continue nos sessions by night, à se lever à 4 heures du matin pour skater jusqu'à midi, à la gare ou sur le curb du château, bref c'est le paradis.

En juillet, road-trip de trois semaines avec David dans le sud de la France, herbergés à Lambesc par sa tante. Grosses difficultés d'organisation mais au final des souvenirs à la pelle, on ride quasiment quotidiennement le petit park en bois de Lambesc jusque 22h30 minimum, mais on bouge aussi à Aix en Provence rider entre autres un spot qui finira sur une tof par Eric Antoine de l'un des frères Shérif (il me semble) et en poster dans SuGaR. Je skate une demi-heure avec Arnaud Simon et je suis complètement déçu par son attitude, là encore je tombe de haut. Au retour j'enchaîne à nouveau les session street avec Steven, carnage urbain.

Le 18 août 2004, le park de Blois est installé au parc des expositions de Blois Vienne, sur une vieille piste de voitures télécommandées en guise d'enrobé. Je me rends compte que le représentant de Trafic Way contacté par la mairie a chamboulé mes plans de fond en comble de manière à refiler ses modules préfabriqués, du coup le résultat final est aux antipodes de ce à quoi le park devait ressembler à l'origine, tout le monde est un peu déçu mais dans l'ensemble on s'en fout vu que c'est quand même ridable, en toute logique s'ensuit une bonne grosse session avec plein de monde jusque tard le soir, je vais manger chez Steven et on projette d'y retourner la nuit avec la Kirby Team qui organise une soirée en parallèle. Finalement, d'eux d'entre eux partis en éclaireur se font agresser sur place par trois manouches dont deux seront choppés par des agents de police tout de même intrigués par le t-shirt 'aide la police, tape-toi dessus' de l'une des victimes. Blois Vienne devenant malfamé dès le coucher du soleil, le climat est donné, il est dangereux de s'aventurer au nouveau park, du coup tout le monde préfère continuer à rider en street. En parallèle la mairie se rend compte que l'ARSB était une association fantôme non déclarée lors d'une réunion où le président, Steven et moi sommes conviés, en gros l'affaire n'était pas nette du tout, mais malgré tout on a eu un résultat et pour nous c'est ce qui comptait.

La Halle devenant vraiment trop fliquée et l'ARSB ne pouvant plus gérer les contestations de PVs avec le commissariat du fait de l'installation du park, l'hiver se passe en grande majorité à Ave Maria qui du coup n'a jamais été skaté aussi abondamment que ces quelques mois. En quelques sessions tous les curbs du spot sont waxés et bien que la place soit ridicule question taille et qu'elle soit située en plein centre-ville, chaque jour une quinzaine de skaters y rident activement - quelques accrochages avec les flics, mais jamais d'amende, l'arrêté municipal ne touche pas ce coin de la ville et personne n'est dupe. J'apprends toute une panoplie de wheelings sur la petite palette d'un mètre de long, que je skaterai pendant des mois alors qu'il ne s'agit en fait que d'un petit pan de trottoir. Grosses sessions également place Valin ou à la gare avec Steven et Romain S. Mouss apparaît de plus en plus fréquemment sur les spots. Rencontre avec Jeff et Crocus. Trois ou quatre tentatives de session au parking couvert d'AVIS dont on se fera finalement virer pour de bon, les appartements juste au-dessus n'étant pas insonorisés, dommage.

Début octobre j'entame comme prévu un an d'IUT services et réseaux de communication - mon année sabbatique est finie, maintenant il est temps de travailler, tout du moins c'est ce que je pense sur le moment. Je lance successivement la version 20six de mon blog, puis son forum. On m'offre un appareil photo Technaxx avec mode vidéo pour Noël, dorénavant j'utiliserai exclusivement cet engin pour grappiller du footage, laissant ma vieille webcam de côté dans un tiroir de bureau poussièreux.

A suivre.

# Posté le samedi 27 janvier 2007 19:24

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