2002 : je découvre le spot de la cour de la Halle aux Grains suite à une sortie de classe à la bibliothèque, que je passerais à matter par la fenêtre un type en nosewheeling shove-it sur l'allée centrale avec les deux marches - tout du moins jusqu'à ce que les profs me remettent en place. Je donne ma vieille planche Pepsi que je n'utilise plus à une gamine que connaît mon petit frère, David achète une ATM et me prête son Element jusqu'à ce que je me procure une Girl Rick McCrank d'occase. Premières sessions à la Halle ensemble, la toute première fois qu'on y va un local légendaire du coin dont on ne connaissait pas encore le nom passe son premier 360 flip sur les quatre marches, on hallucine au point d'hésiter à skater le même coin de spot que le type en question. En parallèle mes sessions solo se déroulent toujours l'impasse devant chez moi, sur laquelle je transforme tout le bordel que je peux trouver dans mon garage en module - ainsi je skate des planches en bois en guise de palettes à wheeling (voir même de pseudo tremplin quand je me sens l'âme de les surélever avec des briques), mais aussi des ballons de basket, des tabourets, des trottinettes. Je waxe tous les trottoirs (pourtant en granit brut) de la rue au Monsavon et à la bougie et j'apprends à faire des slappy grinds, avec une grosse préférence pour les bons gros frontside feebles qui raclent bien contre le rebord, en appuyant bien de tout son poids pour tordre le truck arrière et sortir dans la foulée en pop out. Un chantier s'établit juste à côté de chez moi, j'en profite pour jouer au Playmobil avec des palettes en bois et des grosses planches de contreplaqué, dans le but de métamorphoser mon impasse en Disneyland. Je me paye Thrasher Skate & Destroy et Grind Session sur Playstation, et dans la vraie vie j'apprends le nollie 360 shove-it, qui est toujours mon trick préféré aujourd'hui, et David apprend le shove-it.
Premier skatepark en mars 2002 : le misérable park de Cellettes, petit village limitrophe d'un petit millier d'habitants, toujours avec David en tant qu'éternel comparse skateboardistique. Jusqu'ici je pensais que les skateparks ça n'existait qu'aux USA à part quelques exceptions très rares en France, donc je vous laisse imaginer mon excitation quand il m'a révélé l'existence d'une telle installation à cinq cents mètres de chez lui. Je le harcèle pour qu'on y aille, dans ma tête de joueur de Playstation ne sachant pas du tout à quoi s'attendre je me représentais une réplique parfaite de Burnside, ou tout du moins une infrastructure en béton ; finalement je tombe sur trois petits modules Trafic Way première génération, à savoir une petite double barre à dix centimètres du sol, un quarter / lanceur en plastique blanc, et une table classique courbe / plat / plan incliné avec handrail rase-mottes disposée à 45° dans un angle du park et donc imprenable faute d'élan. Je ne suis néanmoins aucunement déçu et je m'éclate à faire des kickturns sur les quarters comme si j'étais à Burnside - pour moi un park est un park, et je vais même jusqu'à me jeter sur le gros gap d'herbe en bordure du spot qu'Alioch a passé recemment en ollie sur dadarules.sky, tentative qui se solde par la plus grosse slam que je me sois jamais ramassée jusqu'ici.
Après avoir vu du Mullen pour la première fois, je rachète une board à Décath (un truc à cent francs) pour me mettre un peu au freestyle à côté de mon ride street de base, et je commence à développer mes tricks, toujours sur mon impasse, je surfe les trottoirs en bousillant complètement mes trucks sur le granit avec des grinds complètement bourrins au point d'en péter mon premier axe (ce qui me vaudra un semaine et demi sans skate que j'ai vécu comme un véritable cauchemar à mon échelle) et des ollie wheelings, j'essaye de créer des enchaînements et de trouver des lines, j'apprends à faire des catchs et des calages sur les bordures, bref je suis en pleine acquisition de ma base de tricks, et je suis vraiment à bloc. Je commence à tenir compte de chacune de mes sessions dans un fichier Word, en racontant tous les jours les faits marquants et les nouveaux tricks rentrés - je tiendrais le fichier à jour pendant près de deux ans, je l'ai d'ailleurs toujours sur mon disque dur. Premier kickflip au début des vacances d'été, premier nollie impossible en août, puis j'entre dans une période à faire quasiment que des handstands, bien fun, et à piller le stock de decks nude à Décathlon.
26 septembre : session mémorable, toujours avec David. On commence par découvrir les spots que le centre-ville a à offrir dans lesquels on ne s'était jamais aventurés (Ave Maria, Valin), puis on se rend dans les rues piétonnes pour rider des modules installés en pleine rue par la mairie dans le cadre de la fête du sport, sous le regard d'un bon millier de passants interloqués. En compagnie de rollers qui s'éjectent sur la pyra centrale dans le cadre d'une démo et de quelques autres skaters inconnus (dont un vieux skater que l'on apprendra à connaître plus tard répondant au nom de Frank et des gamins avec des boards Action Man) on s'éclate complètement sur la petite courbe du module. Rien à foutre de rien, on a jamais ridé un quarter à part le petit truc à Cellettes, on se tape l'affiche à se ramasser comme des sucettes sur des rock to fakie, on essaye de carver en duo, de faire des grabs, sous les yeux de la foule qui mattait les rollers taper leurs 540 machins. Enormissime coup de fun qui nous a laissé un bon gros smile plaqué sur le visage pendant plusieurs jours, et même maintenant, quand j'y repense...
Quelques jours plus tard, David se pète le bras en droppant le quarter en plastique du park de Cellettes. Deux mois de plâtre, la grosse blase, pour lui comme pour moi qui avait vraiment pris goût à nos sessions en centre-ville - ça me faisait bouger de devant chez moi, au moins. Je préférais carrément aller rider avec lui à la Halle que de me coltiner la même impasse au sol râpe à fromage et les mêmes bordures de trottoir que je me tapais depuis déjà un an et demi. Du coup je commence à rider à la Halle en solo, tout d'abord tout seul dans mon coin, n'osant pas m'incruster, puis les locaux m'intègrent naturellement à leur petit groupe. Je rencontre Matthieu, Romain B, Fabien qui me fait halluciner avec ses bs ollie fakie grind big spins, Brieuc, Gauthier et ses handstands, Jérôme et ses wheelings de cent mètres, Laurent, Gaz... Du haut de mes quatorze ans je suis rapidement adopté comme le petit frère de tout le monde, le bon esprit est là, le beau temps semble s'éterniser un peu malgré qu'on se rapproche de l'hiver et tous les jours, à chaque fois super session avec une ambiance vraiment de rêve (qu'on retrouve enfin depuis quelques mois sur Blois, après une poignée d'années parasitées par des fouteurs de merde qui ont finalement délaissé le skateboard, pour le plus grand plaisir de tous les autres). Premier road-trip avec Romain B et Brieuc au skatepark de Mer, non pas le 3R tout neuf (mais quand même relativement naze) actuel mais l'ancien, c'est à dire un ensemble de modules en bois fait maison et de barres à slide entreposé complètement à l'arrache en un gros bordel au milieu d'un parking public. Première cheville le même jour en nollie 360 shove-it raté sur les deux marches de la Halle, rentrage chez moi en me servant de ma board comme béquille sur cinq kilomètres, puis une semaine sans rider. En attendant d'être à nouveau opérationnel je matte en boucle la ON Video Winter 2002 spéciale Rodney Mullen commandée par correspondance à Snowbeach Warehouse dans le cadre d'une promo, je finis par me repasser chaque trick au ralenti histoire de comprendre ce qui se passe jusqu'à complètement bousiller la bande de la VHS, et ça y est, on est en 2003...
Premier skatepark en mars 2002 : le misérable park de Cellettes, petit village limitrophe d'un petit millier d'habitants, toujours avec David en tant qu'éternel comparse skateboardistique. Jusqu'ici je pensais que les skateparks ça n'existait qu'aux USA à part quelques exceptions très rares en France, donc je vous laisse imaginer mon excitation quand il m'a révélé l'existence d'une telle installation à cinq cents mètres de chez lui. Je le harcèle pour qu'on y aille, dans ma tête de joueur de Playstation ne sachant pas du tout à quoi s'attendre je me représentais une réplique parfaite de Burnside, ou tout du moins une infrastructure en béton ; finalement je tombe sur trois petits modules Trafic Way première génération, à savoir une petite double barre à dix centimètres du sol, un quarter / lanceur en plastique blanc, et une table classique courbe / plat / plan incliné avec handrail rase-mottes disposée à 45° dans un angle du park et donc imprenable faute d'élan. Je ne suis néanmoins aucunement déçu et je m'éclate à faire des kickturns sur les quarters comme si j'étais à Burnside - pour moi un park est un park, et je vais même jusqu'à me jeter sur le gros gap d'herbe en bordure du spot qu'Alioch a passé recemment en ollie sur dadarules.sky, tentative qui se solde par la plus grosse slam que je me sois jamais ramassée jusqu'ici.
Après avoir vu du Mullen pour la première fois, je rachète une board à Décath (un truc à cent francs) pour me mettre un peu au freestyle à côté de mon ride street de base, et je commence à développer mes tricks, toujours sur mon impasse, je surfe les trottoirs en bousillant complètement mes trucks sur le granit avec des grinds complètement bourrins au point d'en péter mon premier axe (ce qui me vaudra un semaine et demi sans skate que j'ai vécu comme un véritable cauchemar à mon échelle) et des ollie wheelings, j'essaye de créer des enchaînements et de trouver des lines, j'apprends à faire des catchs et des calages sur les bordures, bref je suis en pleine acquisition de ma base de tricks, et je suis vraiment à bloc. Je commence à tenir compte de chacune de mes sessions dans un fichier Word, en racontant tous les jours les faits marquants et les nouveaux tricks rentrés - je tiendrais le fichier à jour pendant près de deux ans, je l'ai d'ailleurs toujours sur mon disque dur. Premier kickflip au début des vacances d'été, premier nollie impossible en août, puis j'entre dans une période à faire quasiment que des handstands, bien fun, et à piller le stock de decks nude à Décathlon.
26 septembre : session mémorable, toujours avec David. On commence par découvrir les spots que le centre-ville a à offrir dans lesquels on ne s'était jamais aventurés (Ave Maria, Valin), puis on se rend dans les rues piétonnes pour rider des modules installés en pleine rue par la mairie dans le cadre de la fête du sport, sous le regard d'un bon millier de passants interloqués. En compagnie de rollers qui s'éjectent sur la pyra centrale dans le cadre d'une démo et de quelques autres skaters inconnus (dont un vieux skater que l'on apprendra à connaître plus tard répondant au nom de Frank et des gamins avec des boards Action Man) on s'éclate complètement sur la petite courbe du module. Rien à foutre de rien, on a jamais ridé un quarter à part le petit truc à Cellettes, on se tape l'affiche à se ramasser comme des sucettes sur des rock to fakie, on essaye de carver en duo, de faire des grabs, sous les yeux de la foule qui mattait les rollers taper leurs 540 machins. Enormissime coup de fun qui nous a laissé un bon gros smile plaqué sur le visage pendant plusieurs jours, et même maintenant, quand j'y repense...
Quelques jours plus tard, David se pète le bras en droppant le quarter en plastique du park de Cellettes. Deux mois de plâtre, la grosse blase, pour lui comme pour moi qui avait vraiment pris goût à nos sessions en centre-ville - ça me faisait bouger de devant chez moi, au moins. Je préférais carrément aller rider avec lui à la Halle que de me coltiner la même impasse au sol râpe à fromage et les mêmes bordures de trottoir que je me tapais depuis déjà un an et demi. Du coup je commence à rider à la Halle en solo, tout d'abord tout seul dans mon coin, n'osant pas m'incruster, puis les locaux m'intègrent naturellement à leur petit groupe. Je rencontre Matthieu, Romain B, Fabien qui me fait halluciner avec ses bs ollie fakie grind big spins, Brieuc, Gauthier et ses handstands, Jérôme et ses wheelings de cent mètres, Laurent, Gaz... Du haut de mes quatorze ans je suis rapidement adopté comme le petit frère de tout le monde, le bon esprit est là, le beau temps semble s'éterniser un peu malgré qu'on se rapproche de l'hiver et tous les jours, à chaque fois super session avec une ambiance vraiment de rêve (qu'on retrouve enfin depuis quelques mois sur Blois, après une poignée d'années parasitées par des fouteurs de merde qui ont finalement délaissé le skateboard, pour le plus grand plaisir de tous les autres). Premier road-trip avec Romain B et Brieuc au skatepark de Mer, non pas le 3R tout neuf (mais quand même relativement naze) actuel mais l'ancien, c'est à dire un ensemble de modules en bois fait maison et de barres à slide entreposé complètement à l'arrache en un gros bordel au milieu d'un parking public. Première cheville le même jour en nollie 360 shove-it raté sur les deux marches de la Halle, rentrage chez moi en me servant de ma board comme béquille sur cinq kilomètres, puis une semaine sans rider. En attendant d'être à nouveau opérationnel je matte en boucle la ON Video Winter 2002 spéciale Rodney Mullen commandée par correspondance à Snowbeach Warehouse dans le cadre d'une promo, je finis par me repasser chaque trick au ralenti histoire de comprendre ce qui se passe jusqu'à complètement bousiller la bande de la VHS, et ça y est, on est en 2003...
A suivre.