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Sortir de chez soi, encore tout engourdi de la nuit précédente ou d'avoir passé des heures assis sur une chaise ou dans son fauteuil à regarder la dernière Real, même que t'as encore la zik de la part de Busenitz dans la tête. Fermer sa porte à clef pour éviter toute intrusion discrète chez nous pendant notre absence, alors que nous-même nous préparons à en effectuer une des plus bruyantes dans le monde extérieur, leur monde à Eux - l'infraction par effraction. Le sac à dos alourdi d'un nombre grandissant de litres de flotte (dont la moitié réservés aux mendiants de spot qui, apparemment confus, confessent régulièrement avoir 'oublié leur bouteille'), ce signe caractéristique d'un été de sessions imminent, un amour de trimestre ensolleillé pendant lequel votre eau sous plastique ne reste jamais longtemps fraîche.. Avancer jusqu'à la route, quelques pas et glisser sa board sous ses pieds, la première poussée d'une longue série, généralement les plus difficiles, celles qui vous rappelle qu'il est possible d'avoir des os de vieux à 17 ans.. Cruising pénible sur une route qui ne roule pas, jusqu'au spot où tous vos potes vous attendent, voire parfois, même si moins glorieux à admettre, l'arrêt de bus le plus proche (feignasse..). On arrive, au même moment machin rate son trick sur les quatre marches, on en profite pour lui dire bonjour, un sourire échangé, on prend sa board à la main le temps d'une poignée de main générale. 'On n'attendait plus que toi' :)

Et c'est =>là<= que le Temps s'arrête. Passé révolu et futur mystérieux, le monde n'est plus qu'un amas, certes confus à l'extrême mais non moins agréable de Bruit, celui des roulements sur le sol terrestre, celui des claquements de tail à l'encontre des lois de la gravité, celui des 'ah', des 'yeah' et des 'oh', autant de cris insensés qui fusent de part et d'autre de cet endroit qui nous est propre, une cour de récréation improvisée, un environnement qui nous distingue du reste du monde qui semble d'ailleurs s'être arrêté ; ce morceau de rêve arraché à Babylone, cette dimension parallèle que nous visitons tous une fois sur notre planche, d'un endroit pourtant bel et bien réel mais redéfini par chaque individu en fonction de ses codes, comme le soutenait Henri Lefebvre ; et, en notre cas à Nous qui partageons un tronc plus ou moins commun de repères particuliers, à la fois délimité superficiellement et ouvert à une infinité de possibilités d'exploitation.

C'est la fin du monde, l'apocalypse. C'est une bataille journalière mais à chaque fois décisive d'une guerre contre le Monde - nous sommes en train de lutter, comme pour notre survie - mais sommes-nous en train de nous défendre ou d'attaquer ?

Pendant une session, nous vivons le présent, nous vivons au présent, et plus rien n'a plus aucune importance. A part. Pester contre son lacet ayant cédé aux offenses récurrentes d'un grip inflexible, impitoyable et impartial en encore moins de temps que son prédécesseur, ou contre les billes de son roulement ayant décidé de revisiter la Déclaration d'Indépendance. Boire de l'eau chaude d'une bouteille dégueulasse, laissée à la portée des rayons de soleil trop longtemps par l'autre pékin même pas foutu de remettre un sac là ou il l'a pris - à moins que ça soit l'ombre qui ait changé de place, représentant le seul témoin impersonnel reportant que le monde extérieur n'est pas encore mort. Rentrer un flip back à 90° replaqué en pivot bizarre, super sketchy, super moche pour certains voire pour soi-même, pour tous ceux qui ont oublié que le ollie était sensé être impossible. Se manger en réessayant le même trick, alors que pourtant on y arrivait parfaitement à chaque coup la veille, et se taper un fou rire allongé par terre sur la planète - plus on est de fous plus on Vit. Aller s'asseoir sur un banc qui, l'espace de cinq secondes, recouvre un usage conventionnel selon Eux, mais presque extraordinaire pour Nous - cinq secondes, le temps de voir machin essayer un truc, que notre cerveau engendre de cette perception une idée nouvelle et qu'il envoie un message à nos jambes dont l'intensité dépasse celle de la fatigue musculaire.. Faire des poursuites avec ses potes, inventer des conneries ou des tricks qui sont quand même bien chim, la preuve ils étaient pas dans la Real..

Jusqu'à ce que la nature nous rappelle à l'ordre. Et que le Temps reprenne de ses droits. Quelques gouttes de pluie, ou une lune naissante, nous font nous ressouvenir de l'existence d'un 'chez-nous' officiel. D'une continuité temporelle qu'il est possible d'oublier, d'ignorer mais que l'on doit forcémment subir. La nature règne et nous le rappelle, les Hommes, qu'il s'agisse d'Eux ou Nous d'ailleurs, ne sont que des faggots de paille baladés au gré du vent du néant, nous sommes la définition de l'éphémèrisme extrême aux frontières du Rien. Le monde n'est qu'une fraction d'absolu, servant de refuge à des milliards et même plus encore d'être vivants qui existent, pour un temps très limité. Sauf que certains ont choisi de tirer parti de ce rien.

Certains ont choisi de Vivre.

Les faits ont rattrapé les idéaux des deux parties. La Nature a tranché entre Eux et Nous en s'imposant vainqueur indiscutable. Une bataille de perdue, mais pas la guerre, aussi vaine soit-elle - c'est d'une bonne, de guerre. Question de principe.

On reviendra demain.

# Posté le mardi 24 mai 2005 21:24

Memories - Partie 1 : chute dans la marmite et contamination

Memories - Partie 1 : chute dans la marmite et contamination
A cause de la section trick tips de ce blog (qui, je le rappelle, ne s'y résume pas) et de mes apparitions sur le blog Demerde, aux yeux de beaucoup j'apparais comme le glandu de base, braqué exclusivement sur son flat à expérimenter des tricks bêtement compliqués qui tournent trop vite, soit disant débiles, moches et qui ne servent à rien (et sauter des marches, rouler, ou même vivre, ça sert à quoi ?), prenant un soin tout particulier à ne rider quasiment qu'en park comme un culturiste qui hanterait sa salle de muscu, en remplaçant le développement des muscles par l'affinement des techniques en flippy tricks et les machines de cardiotraining par les modules.

C'est peut-être bien ce que je suis devenu ces derniers temps, mais j'en suis bien content, parce que je suis épanoui dedans d'une part (en grande partie parce que je sens que je vais bien m'amuser quand il va s'agir d'adapter toutes ces manoeuvres extravagantes sur des obstacles en street) mais aussi parce que, contrairement à ce que certains s'accordent sûrement à penser (et ce dont je n'ai, au passage, strictement rien à branler, parce que je sais qui je suis, et tant pis si j'énerve), ma vie skateboardistique ne se résume pas à rouler à deux à l'heure pour essayer d'envoyer ma planche dans tous les sens et voir ce qui marche ; au contraire elle est sûrement plus épanouie que celle de beaucoup. Depuis bientôt sept ans que je suis sur une board (ça passe vraiment comme la fraction ridicule d'éternité dont il s'agit en fait... heureusement que tout est relatif), elle a eu le temps de me faire voir le monde et ni plus ni moins découvrir la vie : j'ai passé mon adolescence dessus, ce qui m'a épargné de virer nerd obèse qui écoute de la techno et passe sa vie enfermé chez lui à bricoler son PC ou à jouer à des jeux vidéo, et maintenant que j'approche la vingtaine non seulement je me rends compte que je me suis entièrement construit dessus au point d'y avoir puisé mes racines, mais en plus qu'elle m'a fait vivre un bon paquet de moments inoubliables, découvrir de nouveaux lieux dans lesquels je n'aurais jamais mis les pieds autrement, et rencontrer une multitude de gens aux quatre coins de la France, voir, par l'intermédiaire du net, de la planète.

Est-ce la crise de mes 20 ans qui me conduit à romancer mon adolescence comme ça ? A me relire on croirait un grand-père gâteux qui radote sur une jeunesse dont il a des souvenirs tellement flous qu'il en invente la moitié au fur et à mesure qu'il en parle, sans même s'en rendre compte. Je ne crois pas, il ne s'agit pas là de nostalgie, mais plutôt de la contemplation du bonheur que le skateboard, une putain de planche montée sur quatre putains de roues, m'a apporté et ce tout au long de mon existence. Déjà tout gamin j'étais attiré par la moindre image de planche à roulettes, par le moindre graphique sur une pub, le moindre logo sur un emballage ou la moindre représentation dans une BD (je ne vous raconte pas mes montées d'adrénaline quand je voyais un skater en mouvement à la TV ou encore, et c'est là que mon excitation atteignait son summum, quand j'apercevais un type rouler dans la rue, au loin mais en vrai). Un présage que ce symbole avait énormément de richesses à m'apporter ?


Quoiqu'il en soit je me rappelle de comment ma mère, consciente de ma fixette précoce, m'avait rendu heureux quand j'avais genre six ou sept ans et qu'elle m'avait déniché une banana board en plastique vert dans une brocante pour une quarantaine de francs. J'hallucine quand je me dis que ça devait être aux alentours de 1993, dans ma tête j'ai encore une image très précise des trois toboggans tubulaires de longueur différente dans le parc juste devant l'entrée de la boutique (ne cherchez pas pourquoi, la mémoire d'un enfant c'est vraiment quelque chose de particulier), et même de l'allure générale des rayons à l'intérieur. Il y avait plusieurs boards, dont une grosse en bois mais plus chère, mais je m'en fichais, j'avais direct flashé sur la banana board, dont les roues faisaient un wouizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz incessant quand on les mettait en action d'un coup de paume de main, et j'étais ressorti avec. Souvenirs de descentes de petits banks sur le cul derrière le HLM du grand-père à Tours, alors que j'habitais encore là-bas en pleine zone, en compagnie de potes de mon âge tous en vélo sauf un qui, lui, avait une grosse board en bois. Souvenirs également de tractages (je ne sais pas si ça se dit, et je m'en fous) derrière un pote en vélo sur une piste cyclable en anneau en recyclant les cordelettes que le facteur abandonnait négligemment chaque matin dans le hall d'entrée des immeubles servant originellement à relier une pile de journaux à distribuer. Acquisition au fil du temps (par parents interposés) de diverses grosses planches en bois : une Mighty Ducks en cadeau de Noël surprise puis une Denver le Dernier Dinosaure choppée à Emmaüs, histoire d'expérimenter de nouvelles sensations (bien que chez moi on ne comprenne pas vraiment l'utilité d'avoir plusieurs skateboards en contreplaqué qui prennent la poussière dans le cagibi). C'est à peu près à ce moment-là que je quitte Tours pour Blois, mon père se trouvant muté dans le 41, une page de ma vie qui se tourne.

Alors en avance de deux années scolaires et jugé (à raison) par mes parents inapte à intégrer les gros collèges publics de la ville du haut de mes huit ans, à peine quelques jours après avoir emménagé j'entre en sixième dans un établissement blaisois privé : Notre-Dame des Aydes, aka. NDA, affectueusement (n'en doutons pas) surnommé par sa population juvénile 'New District of Alcatraz' : barreaux aux fenêtres, grillages et hauts murs d'enceinte, règlement presque militaire virant parfois à l'absurde. Pas vraiment d'amis (sans pour autant m'en porter un tant soit peu mal - au contraire), les autres gamins sont vraiment des petits cons qui n'en ratent pas une pour se tirer dans les pattes, du coup je m'isole, sauf qu'à part mes jeux vidéo je n'ai pas grand chose pour souffler dans la vie. Cette board Mighty Ducks qui traîne dans le jardin depuis des lustres entre le camion jouet du petit frère et le barbecue m'attire et m'intrigue toujours autant, simplement je flippe de monter dessus debout ne serait-ce qu'à l'arrêt. Je m'y essaye de temps à autre en la calant dans du gravier et en me tenant au mur, et je me dis : 'si seulement'.

Le début du troisième millénaire constitue pour moi un moment net de ras-le-bol, qui s'en suivra par une cassure. Le jeune ado obèse que je suis en a marre de ne rien voir quand il se regarder dans le miroir à part une grosse boule qui ne sert à rien et encore habillé par une maman beaucoup trop couveuse, et a envie de faire autre chose de sa vie que s'abrutir 10 heures par jour devant sa Nintendo tellement abusée qu'elle ne reconnaît plus les jeux qu'une fois sur dix et rafistolée avec des blocs de polystyrène ou sur son vieux PC 386 qui rame rien qu'à afficher le curseur de la souris. Le gamin introverti en a marre de ses complèxes et a envie de casser le miroir et vaincre ses peurs pour s'aventurer dehors dans la nuit. J'envoie balader les assortiments de fringues que ma mère essaye de m'imposer pour m'habiller à ma façon quitte à ce qu'elle me dise que 'le haut ne va pas avec le bas', je commence à marquer mon autonomie et à revendiquer ma personnalité - un peu ma version de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Et finalement je décide de me lancer dans le skate comme j'en avais toujours rêvé mais sans jamais oser. Tout ce qui était engin sur roulettes, dans ma tête c'était le truc casse-gueule par excellence, j'avais peur de l'instabilité jusque là ; et d'un coup je me suis pris en main et j'ai décidé, en pleine phase de construction personnelle adolescente, de vaincre ma phobie et de me mettre à rouler, debout, sur une board. J'ai transbahuté devant chez moi dans mon impasse, un jour comme ça, mes boards poisson qui pourrissaient toujours dans mon jardin depuis une poignée d'années, j'ai mis un pied puis l'autre.

Dès lors que je l'avais fait une fois, impossible de décrocher. Ca n'était que le fait de rouler (qui plus est sur des roulements ZZ et des roues en plastique qui font un bruit de rouleau compresseur), mais chaque après-midi, j'allais devant chez moi (toujours sur mon impasse), et je m'éclatais à rouler, à m'aventurer jusqu'au bout de la rue, à revenir, à essayer de comprendre comment on tourne - grosse énigme du haut de mes douze ans et surtout de mes trucks en fer tellement rigides qu'ils finiront d'ailleurs par casser, j'ai dû apprendre à tourner en faisant exclusivement des kickturns. Mais je m'en foutais complètement, à mort, et je m'en fiche encore aujourd'hui, je kiffais et c'est ça le skate !

A force de rider devant chez moi j'ai motivé un gamin de mon âge habitant la maison d'à côté (Julien) à s'essayer aussi au skate. Il a d'abord commencé par m'emprunter régulièrement une de mes boards pour venir rouler avec moi dans l'impasse, entretemps à Noël on m'offre une board Pepsi - toujours avec des roues en plastique, toujours dotée de roulements ABEC moins 30 si ce n'est pire, qui plus est recouverte d'un revêtement transparent bizarroïde en lieu et place de grip, mais au moins il s'agit là de ma première deck à double tail ! Un nouveau tournant dans ma vie (il m'en faut bien peu). Ensemble, on commence à s'organiser de vraies sessions, à écumer tout le quartier à la recherche de 'spots' : tout bêtement les plus grosses descentes que l'on puisse trouver. On passe des heures à descendre puis remonter puis redescendre le hall du centre commercial avec ce sol en marbre si agréable à rider, ou encore le redoutable chemin d'accès à l'entrée de la résidence privée derrière le dojo municipal (vingt mètres de légère pente suivis d'un virage en U assez serré - moment crucial de la péripétie qui nous a d'ailleurs valu plusieurs plongeons dans les buissons voisins - duquel se sortir indemne permettait de savourer au final quelques secondes de roulage sur un trottoir ombragé fraîchement refait : dix mètres carrés de flat que l'on considérait sans mentir à l'époque comme le meilleur spot du monde). Un jour je vais chez lui, et je lui fais remarquer que parmi la centaine de jeux Playstation gravés dont dispose son père il y a un jeu de skateboard - je vous le donne dans le mille : Tony Hawk's Skateboarding, premier du nom. On lutte pour faire 5000 points dans le premier niveau du Hangar et, accessoirement, on découvre qu'il existe des figures que je trouve toutes très impressionnantes, et que je persisterai à croire impossible jusqu'à ce que quelques jours après je tombe sur un reportage skate dans Génération Surf en zappant sur TF1 le dimanche matin, consacré à un 'skater of the year' de l'extrême qui me fait halluciner de part son aptitude non seulement à se jeter sur des handrails, mais surtout à sauter avec sa planche.

En parallèle au collège, j'incite un autre pote (David) à se mettre au skate lui aussi, car je le sais possesseur d'une board avec grip (ce qui à mes yeux à l'époque était une chose inestimable) et je trouve dommage qu'il ne s'en serve pas. Grâce à ce nouveau vecteur de communication, on se rapproche encore davantage ; il me prête un fascicule promotionnel Powell 'Skate One', qui a alors à mes yeux une valeur biblique ; je passerai des heures à en étudier chaque mot, chaque graphique, chaque icône, et à essayer de saisir le sens de chaque phrase bien que le tout soit en anglais. Encore aujourd'hui je le considère comme mon tout premier skate mag, et je me souviens encore précisemment de détails pourtant apparemment insignifiants tels que la maquette de l'interview de Pat Channita, la BD avec Angel Boy qui skate un handrail pourtant défendu qui va droit jusqu'aux enfers, ou la photo de Caballero en front noseslide sur un curb au Japon avec pour légende 'Cab + Japan = Jacab or Cabpan'. Avec mes économies j'achète ma première 'vraie' board (double tail, avec grip, roues en gomme et roulements ABEC 5), une Holy Sport aux graphiques très 'féminins' tirée tout droit du rayon Roller du Décathlon local - au moins, ça, ça roule. Je me rappelle d'un débat avec le vendeur qui me vantait le mérite des trucks Fiberlite 135 en me disant que 'c'était du costaud' - mais personnellement je ne voyais pas vraiment l'utilité d'avoir des trucks solides, vu que de toute manière ça ne sert qu'à tourner, je ne vois pas quoi faire d'autre avec. Moi j'aimais bien les gommes rouges, et d'une manière générale elle avait de la gueule cette board, alors j'ai pris. De son côté, Julien achète une board Décathlon SK310 complète au même endroit (celle avec le graphique du diablotin qui saute d'un gratte-ciel).

Dans ma tête les skateshops étaient un mythe qui n'existait pratiquement qu'aux USA, avec seulement quelques exceptions très rares dans l'hexagone. A ce sujet David m'avait dit avoir eu vent de l'existence d'un skateshop à Blois répondant au nom de Five-O, c'est tout excités qu'on s'y était rendus un matin après qu'il ait dormi chez moi, pour se rendre compte une fois sur place qu'il venait de déposer le bilan. J'achète mon premier SuGaR à Champion, je suis fasciné par les textes et plus particulièrement l'article 'le skateboard et l'espace urbain', que j'ai relu tellement de fois que je le connaissais par coeur au final, citations de Henri Lefebvre comprises - nous sommes en 2001. Ce numéro ainsi que les suivants s'élèveront au rang de Bible sur mon échelle de valeurs au même niveau que le Skate One, et représentant mon seul et unique lien avec un 'monde du skate' que je découvre petit à petit. Après avoir vu un type sauter une poubelle couchée sur le flanc dans la cours du collège et tenant absolument à comprendre le pourquoi du comment de la technique, j'apprends très laborieusement le ollie en étudiant au millimètre carré près le mouvement des pieds des skaters sur les séquences de chaque article de mes magazines, et en essayant de reproduire le même ; par ailleurs, j'investis quinze euros dans la vidéo de trick tips Décathlon (toujours) avec notre cher ami Seb 'que la planche soit avec toi !', chroniquée par principe plus loin dans ce blog. Ca me prendra des mois pour apprendre à ramener mes deux pieds sur la planche après un ollie, mais au final j'y arriverai, de plus en plus souvent, et au final je ne ferais plus que ça de mes après-midi. Au même moment j'apprends mon tout premier trick, le nollie shove-it, en trois essais, et là c'est carrément l'apothéose. J'exulte - c'est tout simplement trop bon.

Achat du Best-Of 411VM #5 sorti en kiosque par TF1, en faisant l'aller-retour maison / buraliste sous l'averse en board sous l'effet de l'excitation. J'hallucine sur l'aisance que les mecs ont à taper des trucs que je n'arrive même pas encore à analyser techniquement, et que je prends donc comme un ensemble à contempler, juste 'beau'. Lors d'une session avec Julien au centre commercial, deux types de passage me demandent à essayer ma board. Au début j'ai peur, l'un d'eux me confie son portable en gage, et tape devant moi un flip en deux essais, puis un frontside five-o grind sur une petite marche. Dans ma tête c'est le truc le plus dingue qui se soit jamais passé sur la planète depuis la mort du dernier dinosaure (et je ne parle pas là de ma vieille planche Denver). Je rentre chez moi et alors qu'il pleut, j'essaye de comprendre comment faire des flips à l'arrêt dans mon garage sur un sol en terre, et je rentrerai un heelflip parfait en trois essais, persuadé que ça s'appelle un 'kickflip', et je mettrai huit mois avant d'y arriver à nouveau. J'essaye d'apprendre des grinds, mais je n'arrive à rien à part un frontside lipslide to zipette arrière dans les poubelles sur un double trottoir waxé du centre commercial, et un frontside feeble to fs smith grind complètement involontaire (j'essayais front grind) mais rentré quand même au même endroit, duquel j'ai mis des jours à me remettre tant je n'y croyais pas et je ne pouvais m'empêcher de revoir la scène au ralenti dans ma tête. Je kiffe vraiment le skate comme jamais, et je commence seulement à m'ouvrir au monde des tricks au-delà du pur ride.

Je suis alors au lycée (toujours dans l'enceinte du New District of Alcatraz), le skate n'est pas encore entré dans le boum de popularité qu'il a connu ces dernières années et n'arrivera qu'aux alentours de 2002 / 2003 - simplement, quelques types se baladent dans la cour avec leurs boards de manière tout à fait occasionnelle, généralement il s'agit d'internes qui passent le temps en ridant la cour et les préaux lorsqu'ils ne sont pas en cours, histoire d'arriver plus vite au week-end. David s'avère être l'un d'entre eux - il se procure par un de ses potes une Element Featherlight Bill Pepper (même qu'on a longtemps cru que le mot 'pepper' en gros sur le graphique ne signifiait rien d'autre que 'poivre') modèle kid en 7'4, et on ride le grand hall jusque six heures du soir le mercredi, sous les yeux des pions ; l'ambiance me change radicalement de mes sessions en solo dans mon impasse, donc la motivation est à son comble à chaque fois, David apprend à dropper des bancs et le rebord de fenêtre de la caféteria alors que je plaque des pop shove-it et même, occasionnellement, des heelflips en roulant - une fois par semaine, le monde s'arrêtait de tourner. Je me ramène avec ma nouvelle board Killerloop et mes chaussures Tex à trente francs et je manque de se faire taper sur la gueule par une bande de pseudo-skaters bourges, suite à cette altercation j'enverrais une lettre à Tricks Skatemag qui sera publiée jour pour jour un an plus tard. Julien arrête le skate, non pas que la fixette lui soit passé mais plutôt qu'elle ne l'avait en fait jamais véritablement atteint - notons qu'il passera ses dernières sessions sur une board toute molle parce qu'il avait voulu la laver au karcher.

A suivre.

# Posté le samedi 27 janvier 2007 16:49

Memories - Partie 2 : 2002

Memories - Partie 2 : 2002
2002 : je découvre le spot de la cour de la Halle aux Grains suite à une sortie de classe à la bibliothèque, que je passerais à matter par la fenêtre un type en nosewheeling shove-it sur l'allée centrale avec les deux marches - tout du moins jusqu'à ce que les profs me remettent en place. Je donne ma vieille planche Pepsi que je n'utilise plus à une gamine que connaît mon petit frère, David achète une ATM et me prête son Element jusqu'à ce que je me procure une Girl Rick McCrank d'occase. Premières sessions à la Halle ensemble, la toute première fois qu'on y va un local légendaire du coin dont on ne connaissait pas encore le nom passe son premier 360 flip sur les quatre marches, on hallucine au point d'hésiter à skater le même coin de spot que le type en question. En parallèle mes sessions solo se déroulent toujours l'impasse devant chez moi, sur laquelle je transforme tout le bordel que je peux trouver dans mon garage en module - ainsi je skate des planches en bois en guise de palettes à wheeling (voir même de pseudo tremplin quand je me sens l'âme de les surélever avec des briques), mais aussi des ballons de basket, des tabourets, des trottinettes. Je waxe tous les trottoirs (pourtant en granit brut) de la rue au Monsavon et à la bougie et j'apprends à faire des slappy grinds, avec une grosse préférence pour les bons gros frontside feebles qui raclent bien contre le rebord, en appuyant bien de tout son poids pour tordre le truck arrière et sortir dans la foulée en pop out. Un chantier s'établit juste à côté de chez moi, j'en profite pour jouer au Playmobil avec des palettes en bois et des grosses planches de contreplaqué, dans le but de métamorphoser mon impasse en Disneyland. Je me paye Thrasher Skate & Destroy et Grind Session sur Playstation, et dans la vraie vie j'apprends le nollie 360 shove-it, qui est toujours mon trick préféré aujourd'hui, et David apprend le shove-it.

Premier skatepark en mars 2002 : le misérable park de Cellettes, petit village limitrophe d'un petit millier d'habitants, toujours avec David en tant qu'éternel comparse skateboardistique. Jusqu'ici je pensais que les skateparks ça n'existait qu'aux USA à part quelques exceptions très rares en France, donc je vous laisse imaginer mon excitation quand il m'a révélé l'existence d'une telle installation à cinq cents mètres de chez lui. Je le harcèle pour qu'on y aille, dans ma tête de joueur de Playstation ne sachant pas du tout à quoi s'attendre je me représentais une réplique parfaite de Burnside, ou tout du moins une infrastructure en béton ; finalement je tombe sur trois petits modules Trafic Way première génération, à savoir une petite double barre à dix centimètres du sol, un quarter / lanceur en plastique blanc, et une table classique courbe / plat / plan incliné avec handrail rase-mottes disposée à 45° dans un angle du park et donc imprenable faute d'élan. Je ne suis néanmoins aucunement déçu et je m'éclate à faire des kickturns sur les quarters comme si j'étais à Burnside - pour moi un park est un park, et je vais même jusqu'à me jeter sur le gros gap d'herbe en bordure du spot qu'Alioch a passé recemment en ollie sur dadarules.sky, tentative qui se solde par la plus grosse slam que je me sois jamais ramassée jusqu'ici.

Après avoir vu du Mullen pour la première fois, je rachète une board à Décath (un truc à cent francs) pour me mettre un peu au freestyle à côté de mon ride street de base, et je commence à développer mes tricks, toujours sur mon impasse, je surfe les trottoirs en bousillant complètement mes trucks sur le granit avec des grinds complètement bourrins au point d'en péter mon premier axe (ce qui me vaudra un semaine et demi sans skate que j'ai vécu comme un véritable cauchemar à mon échelle) et des ollie wheelings, j'essaye de créer des enchaînements et de trouver des lines, j'apprends à faire des catchs et des calages sur les bordures, bref je suis en pleine acquisition de ma base de tricks, et je suis vraiment à bloc. Je commence à tenir compte de chacune de mes sessions dans un fichier Word, en racontant tous les jours les faits marquants et les nouveaux tricks rentrés - je tiendrais le fichier à jour pendant près de deux ans, je l'ai d'ailleurs toujours sur mon disque dur. Premier kickflip au début des vacances d'été, premier nollie impossible en août, puis j'entre dans une période à faire quasiment que des handstands, bien fun, et à piller le stock de decks nude à Décathlon.

26 septembre : session mémorable, toujours avec David. On commence par découvrir les spots que le centre-ville a à offrir dans lesquels on ne s'était jamais aventurés (Ave Maria, Valin), puis on se rend dans les rues piétonnes pour rider des modules installés en pleine rue par la mairie dans le cadre de la fête du sport, sous le regard d'un bon millier de passants interloqués. En compagnie de rollers qui s'éjectent sur la pyra centrale dans le cadre d'une démo et de quelques autres skaters inconnus (dont un vieux skater que l'on apprendra à connaître plus tard répondant au nom de Frank et des gamins avec des boards Action Man) on s'éclate complètement sur la petite courbe du module. Rien à foutre de rien, on a jamais ridé un quarter à part le petit truc à Cellettes, on se tape l'affiche à se ramasser comme des sucettes sur des rock to fakie, on essaye de carver en duo, de faire des grabs, sous les yeux de la foule qui mattait les rollers taper leurs 540 machins. Enormissime coup de fun qui nous a laissé un bon gros smile plaqué sur le visage pendant plusieurs jours, et même maintenant, quand j'y repense...

Quelques jours plus tard, David se pète le bras en droppant le quarter en plastique du park de Cellettes. Deux mois de plâtre, la grosse blase, pour lui comme pour moi qui avait vraiment pris goût à nos sessions en centre-ville - ça me faisait bouger de devant chez moi, au moins. Je préférais carrément aller rider avec lui à la Halle que de me coltiner la même impasse au sol râpe à fromage et les mêmes bordures de trottoir que je me tapais depuis déjà un an et demi. Du coup je commence à rider à la Halle en solo, tout d'abord tout seul dans mon coin, n'osant pas m'incruster, puis les locaux m'intègrent naturellement à leur petit groupe. Je rencontre Matthieu, Romain B, Fabien qui me fait halluciner avec ses bs ollie fakie grind big spins, Brieuc, Gauthier et ses handstands, Jérôme et ses wheelings de cent mètres, Laurent, Gaz... Du haut de mes quatorze ans je suis rapidement adopté comme le petit frère de tout le monde, le bon esprit est là, le beau temps semble s'éterniser un peu malgré qu'on se rapproche de l'hiver et tous les jours, à chaque fois super session avec une ambiance vraiment de rêve (qu'on retrouve enfin depuis quelques mois sur Blois, après une poignée d'années parasitées par des fouteurs de merde qui ont finalement délaissé le skateboard, pour le plus grand plaisir de tous les autres). Premier road-trip avec Romain B et Brieuc au skatepark de Mer, non pas le 3R tout neuf (mais quand même relativement naze) actuel mais l'ancien, c'est à dire un ensemble de modules en bois fait maison et de barres à slide entreposé complètement à l'arrache en un gros bordel au milieu d'un parking public. Première cheville le même jour en nollie 360 shove-it raté sur les deux marches de la Halle, rentrage chez moi en me servant de ma board comme béquille sur cinq kilomètres, puis une semaine sans rider. En attendant d'être à nouveau opérationnel je matte en boucle la ON Video Winter 2002 spéciale Rodney Mullen commandée par correspondance à Snowbeach Warehouse dans le cadre d'une promo, je finis par me repasser chaque trick au ralenti histoire de comprendre ce qui se passe jusqu'à complètement bousiller la bande de la VHS, et ça y est, on est en 2003...

A suivre.

# Posté le samedi 27 janvier 2007 16:55

Modifié le jeudi 24 mai 2007 06:18

Memories - Partie 3 : 2003

Bien intégré parmi les locaux maintenant, je ride avec eux sur les spots, on se fait des road trips. Gaz me montre comment se servir de sa board comme d'une échelle pour escalader des façades de maison (en se servant des trucks comme échelons) et fait le mur pour aller nous ouvrir le jardin de Frank (l'ancien avec qui on avait ridé les modules de roller pendant la fête du sport), histoire qu'on puisse aller taquiner sa mini cachée en béton. Je suis toujours dans ma période nudes multicolores Décathlon, je pille leur rayon et les achète toutes une par une. Quelques furtives sessions avec un prénommé Olivier, skater depuis 1987 qui fait de gros impossibles et no-comply 3-6 back avec le style et la propreté d'un Koston, on le verra sur les spots pendant quelques semaines jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement de la circulation. J'emmène sans crainte ni honte ma board au lycée (à Sainte Marie, étant donné qu'ils n'avaient pas assez de salles pour les terminales à Alcatraz) dans un gros sac de voyage jaune et rose fluo, surfer style. David n'étant pas sur Blois et Romain travaillant en semaine, je rencontre et ride quotidiennement avec Anatole, Paul, Stach, Victor, Lucas et toute une clique de la Halle qui disparaîtra elle aussi de la circulation dès la fin de l'année scolaire, sans donner de nouvelles. J'essaye quand même de renouer contact avec David et on s'envoie de gros week-ends de sessions non stop matin et soir samedi et dimanche avec l'un qui dort chez l'autre entre les deux, ce qui nous entraîne à passer nos journées à la Halle et au park de Cellettes, le tout entrecoupé de mattage de la toute nouvelle Globe 'Opinion', de goinfrage de Kinder Pingui, de parties de THPS et TV jusque trois heures du mat pour regarder 'Phenomena', un film à deux balles dans lequel un singe au scalpel qui assassine la mère sanguinaire d'un gamin mutant mort attaqué par des abeilles sur fond de Mötörhead alors que des téléphones tombent à l'horizontale (j'invente vraiment rien, ça paraît incroyable comme ça mais je vous jure que c'est pas des conneries, un tel film existe réellement !). On commence à se prendre en tof en utilisant ses vieux appareils jetables jamais finis, et je découvre dans mes affaires une vieille webcam (qui ne m'est d'aucune utilité étant donné que je n'ai pas Internet) qui peut mémoriser cinq secondes de vidéo sous forme d'animation gif, du coup je commence à filmer et à me faire filmer avec régulièrement.

Un teufeur / skater un peu à la ramasse me fait découvrir un nouveau spot : le parking couvert de la résidence Rocheron, en Blois Vienne (un vieux quartier de Blois situé de l'autre côté de la Loire). Là-bas je rencontre toute une clique d'une vingtaine de skaters tout récents : parmi eux un bon paquet de teufeurs complètement claqués, mais surtout Steven, et la Kirby Team. Ca sera le coin de ride de prédilection de cet hiver 2003 qui s'avèrera par ailleurs particulièrement pluvieux, et étant donné qu'il ne s'agissait que d'une aire de flat hyper lisse (cependant agrémentée de petits cailloux vicieux dans les endroits où on les attend le moins) cerclée de curbs qui ne grident pas, je me mets à faire du freestyle pendant la majeure partie de mes sessions - les jours de temps sec, c'est toujours grosses sessions à la Halle, avec notamment un certain Gaz qui vit littérallement sur le spot au point de se faire embarquer par les pompiers à trois heures du mat pour s'être assoupi en plein milieu de la place, heureux propriétaire d'une batte de base-ball anti-fouteurs de merde qui osaient s'aventurer à empiéter de temps en temps sur notre microcosme. Un père de roller monte une association fantôme de manière tout à fait officieuse, l'ARSB (Association de Roller Skating Blaisois) qui s'avèrera en fait n'avoir jamais été déclarée, dans le but d'obtenir un skatepark à Blois, et le Steven rencontré au parking Rocheron lance une pétition qui recueuillera 500 signatures. Avec l'énergumène préalablement cité, début juin, après avoir matté pour la première fois des vidéos autres que ma vieille 411VM, ma ON spécial Mullen ou mes enregistrements VHS des reportages TF1 'Génération Surf' (à savoir la Flip 'Sorry', la Deca 'Second to None', la Blind 'Video Days' et la Plan B 'Questionable') sur son PC, ENORME session nocturne mémorable à la Halle aux Grains jusqu'à deux heures du mat, première d'une très longue série et qui restera gravée dans les mémoires, à partir de ce moment je me mettrai à skater de plus en plus avec Steven. J'entre dans une période NOFX, j'achète les Vans les moins chères que je peux trouver à Décathlon en guise de skate shoes, et un sponso de Riderland dont je ne citerai pas le nom vient occasionnellement skater sur Blois, passe son temps à snober tout le monde, et me déçoit complètement dans la mesure où je me rends compte que les skaters avec une sale mentalité, ça existe bel et bien - moi qui n'en avait encore jamais vraiment rencontré.

3 juillet, pour la première fois la police municipale débarque à la Halle. Des amendes tombent, et les boards de Gaz et Matthieu (connu pour être en permanence bourré ou défoncé mais pourtant doté d'un pop surhumain, incapable de tenir debout mais capable de faire des noseslides sur une barrière d'un mètre trente de haut, des frontside 180s en passant des barrières de CRS depuis le flat, et des stalefishs pourtant à deux à l'heure en passant au-dessus de poubelles qui m'arrivent aux côtes, le tout entre deux nollie 3-6 pressure hardflips sur les quatre marches du spot) sont confisquées. Auparavant seule la police nationale s'aventurait de temps en temps sur la place afin de faire des contrôles d'identité et éventuellement relever les noms des skaters présents sur le spot ; en l'occurence, la ville nous a envoyé deux gros pitbulls croisés avec des cow-boys pour nous massacrer verbalement et nous proférer une déferlante de menaces. Cet évènement assez marquant, pour ne pas dire traumatisant du haut de mes quinze ans, sera le point de départ d'un été entier passé à jouer au chat et à la souris avec les représentants de l'ordre à la Halle, sollicités plusieurs fois par jour par la concierge de l'IUT voisine aux idées tendancieusement FNistes. Autant de mois qui s'avèreront au final propices au déroulement de moult anecdotes pittoresques : entre autres, un Steven jouant du fait d'avoir perdu sa carte d'identité qui se verra adresser plusieurs procès verbaux au nom de Jamie Thomas ; une embrouille monumentale opposant une vingtaine de riders et une poignée de policiers qui avaient tenus des propos racistes lors d'un contrôle à l'encontre d'un skater noir (Karl, également adepte de capoeira et de visites au fast-food du coin où il ne se gênait pas pour commander des McGrébin) ; la déduction logique de l'emploi du temps des agents qui passaient en fait à heure fixe inspecter le spot, et donc par conséquent le planquage de board général derrière un muret tous les jours à 14h30 et 18h30, avant de faire comme de rien n'était pendant le défilé des forces de l'ordre sur le spot, puis de reprendre une activité normale une fois la menace dissipée ; les ridicules tentatives d'embuscade de certains policiers à cheval qui essayaient tant bien que mal de se dissimuler derrière des pans de mur, sans se douter que leurs reflets dans la baie vitrée du bâtiment mitoyen réduisaient leur moindre effort de discrétion à néant ; ou encore un nombre incalculable de courses poursuites avec les voitures de police municipale sur le spot, qui finissaient toujours par une dispersion générale de tous les skaters dans le centre-ville après s'être amusé à avoir fait tourner les véhicules en rond sur la place Tien An Men.

J'obtiens mon bac avec deux ans d'avance, mais sans la moindre idée d'orientation potentielle - un conseiller d'orientation pousse mes parents à m'inscrire en prépa, arguant du fait que je sois trop jeune pour décider moi même de la direction de mes études, mais je ne suis pas de cet avis, du coup je fais traîner les modalités d'inscription et finalement mon dossier sera rejeté.

Pendant ce temps, la moitié des skaters du parking Rocheron tombent dans le posing complet et rejoignent leurs confrères pseudo teufeurs alignés en rang le cul sur la board tagguée 'anarchie' à faire de la merde entre les buissons du spot. En parallèle on assiste à une migration du lieu de squatt des individus concernés de Blois Vienne à la Halle aux Grains, ce qui n'aide en rien quant à la fréquence des contrôles de police sur les lieux - au final tous les riders de la Halle deviennent 'flicophobes', on s'affole dès qu'une voiture blanche déboule un peu trop en trombe dans la rue voisine ou sur la place elle-même, on ne s'éloigne jamais trop de nos sacs prêts à déguerpir à la moindre alerte. Cette pression constante et cette paranoia conduira une bonne partie des skaters de Blois à arrêter le skate, du coup la scène locale s'enlise véritablement dans un creux. Je vais à la Halle en bus dès 13 heures faire du freestyle en plein soleil sur l'allée centrale avec sept bouteilles de deux litres d'eau dans mon sac (ce qui me vaudra le sobriquet de 'dealer d'eau' un petit moment) alors qu'il fait près de 50°C, canicule, pendant ce temps-là des vieux claquent dans la méconnaissance générale. Je tape mes premiers fs no-complies, et après avoir épuisé le stock de nudes à Décathlon, j'achète mon tout premier pro-model neuf par correspondance à Snowbeach Warehouse (une Enjoi Mullen, au final je recevrai carrément un autre modèle que celui que j'avais choisi), qui au final me décevra complètement et finira par éclater en mille feuilles au bout de moins d'un mois après un varial flip sur deux marches, à 90¤ (l'équivalent de quatre mois d'économies) la planche ça fait mal au postérieur. Road trip d'un après-midi au park de Mont Près Chambord, récemment refait mais à l'époque en ruine totale, constitué de barres à slide branlantes, de curbs de gitan et de modules déglingués (j'en profiterai pour me faire une cheville) - sinon c'est session quotidienne à la Halle, de 13h jusqu'à épuisement, pendant des vacances qui s'éternisent étant donné que je ne suis encore inscrit dans aucune succursale de l'enseignement supérieur, alors qu'en pleine période de rentrée universitaire. Je ferais tout de même la journée de prérentrée de fac d'anglais à Tours, mais du haut de mes quinze ans je trouve ça beaucoup trop impressionnant, et j'abandonne l'idée.

Le retour de l'hiver marque une période effroyablement creuse du skate à Blois - David part étudier à Orléans, tous les poseurs du parking disparaissent de la circulation (bon débarras), seuls subsistent sur roulettes Steven qui arrête les cours au lycée et s'inscrit délibéremment au CNED, un certain Romain S qui fait ses premiers pas sur une board, la demi-douzaine de skaters de la Kirby Team de Blois Vienne pas encore découragés mais qui se cantonnent à rider un petit parking d'immeuble isolé, et moi. Plutôt dépaysant comparé aux sessions à vingt qui avaient encore lieu quelques mois plus tôt à la Halle avec à la fois la clique d'anciens et tous les nouveaux venus du parking Rocheron... J'envoie une lettre à SuGaR qui finit publiée sur quasiment une page dans le numéro 50, juste avant un article sur l'un de mes groupes préférés qu'est Suicidal Tendencies, je suis tout content, et en parallèle fin octobre je commence un BTS assistant de direction à la Providence parce que c'était la seule filière qui acceptait encore des étudiants, alors qu'en pleine crise punk / anti-establishment, j'ai du mal avec les profs et je galère avec l'emploi du temps que je juge trop restrictif.

Investissement dans une basse pour moi et d'une guitare pour Steven, il est question de démarrer un groupe avec un de ses amis batteur, mais finalement suite à une première répétition qui se passera plutôt mal, nous ne reviendrons plus et Steven et moi finissons par répéter régulièrement dans la chambre de mes parents sans batteur, en s'enregistrant avec le micro du PC - Self Governed était né, au forceps. Première réunion de l'association fantôme de l'ARSB, le président papa de roller est vraiment à côté de la plaque vis à vis des réalités de la pratique, prévoit un park à dix mille euros avec des plots pour le slalom en guise de modules, et à côté de ça le côté institutionnalisé me dégoûte, au final ça se passe plutôt mal pour l'asso puisque tous les riders présents quittent la salle avant la fin et se cassent rider la Halle après que quelqu'un se soit levé en plein milieu d'un speech pour vérifier à la fenêtre si le sol était sec dehors. Avec David et Romain B, session au park indoor de Riderland de Tours qui s'achève en nuit chez ce dernier, passer à matter des vidéos pour terminer dans le parking souterrain de son immeuble à trois heures du mat à faire des contests de tricks débiles, inoubliable. J'apprends le 360 flip qui devient l'un de mes tricks fétiches. Le temps est pourri, tout l'hiver est gris flotte, néanmoins j'envisage de plaquer mon BTS après à peine deux mois d'investissement, parce que complètement aux antipodes de mes attentes de la vie et psychologiquement insupportable à continuer de vivre au jour le jour. Les sessions street en centre-ville se font de plus en plus galère - non seulement la Halle est condamnée, mais les flics passent de temps en temps nous virer d'Ave Maria, de la place Valin et des rues piétonnes. En gros, je suis dans la merde la plus totale scolairement, plus personne ne ride à part quelques caractères bien trempés, et le skate est réprimé dans tout Blois alors qu'on a même pas encore de skatepark. Du coup je skate les trottoirs de mon quartier avec Romain S et toujours l'éternel Steven, toujours inscrit au CNED mais pas décidé à faire grand chose d'autre que vivre sa vie. D'ailleurs on se rapproche encore skateboardistiquement, on skate non stop jusqu'à quatre heures du mat ou dès quatre heures du mat (et je peux vous dire qu'il n y a rien de mieux que de cruiser sur les routes d'une ville complètement déserte à une heure où pas même ne serait-ce qu'une voiture est en circulation - la liberté, c'est ça).

On ride le parking de la gare blindé de trottoirs à wheeling by night sous la lumière qu'on arrive à grapiller aux lampadaires pendant des heures, en voyant la ville s'éveiller alors que le jour se lève et se coucher alors que la nuit tombe, avec tous les gens qui vont bosser en train dès six heures du mat, puis en fin de matinée la déferlante de collégiens / lycéens aux yeux desquels on doit passer pour de gros clochards, mais dont on a strictement rien à branler, voir même que l'on prend en pitié pour le simple fait d'être de l'autre côté du miroir. Deux heures de l'après-midi sonnent, on descend en centre-ville en ride acheter un jambon-beurre à la Mie Câline, on se pose un quart d'heure au milieu de la rue pour bouffer, en dévisageant les passants qui nous dévisagent. Puis on va rider la Halle, Ave Maria, le Valin, et / ou faire des boardslides à pleine balle sur les trois curbs en brique au milieu des galeries piétonnes. En cas d'averse subite on passe en mode mayday et on planque les boards dans des gros sacs Toys'R'Us pour ensuite tracer en courant au parking Rocheron, en passant pour des psychopathes aux yeux de tous les badauds traînant leur grosse vie dans les rues de Blois Vienne. Puis on skate les poubelles, les plaques d'égoût et les murs, on bloque sur des petits cailloux toutes les minutes, et on se ramasse dans la poussière pour mieux la renvoyer d'où elle vient. J'achète No Control de Bad Religion, journées 100% skate du matin au coucher, je roule mes parents en leur demandant de me payer deux euros pour le bus par session alors qu'en fait je descends en ville en ride avec le walkman pour économiser et petit à petit avoir de quoi m'acheter une nouvelle deck, et on se matte la Video Days en boucle avec Steven, qui ne prend pas une ride à chaque revisionnage.

A suivre.

# Posté le samedi 27 janvier 2007 19:08

Modifié le samedi 27 janvier 2007 19:22

Memories - Partie 4 : 2004

A ce moment-là 2003 se termine, on est une dizaine à skater sur Blois les jours de grosses sessions (quasiment tous les anciens ont arrêté, à part Romain B de la Halle), mais on est plus à bloc que jamais, malgré les 1°C à l'ombre. Mort du spot du parking Rocheron, l'un des pseudo-teufers s'est avéré être un gros con et a taggué tous les murs de la résidence à la bombe noire dégueulasse, forcemment le gardien qui pourtant jusqu'ici se montrait vraiment super conciliant avec les skaters au point de ne rien dire alors qu'on faisait des modules Légo avec les poubelles du bâtiment, ça lui porte un coup, du coup désormais c'est 'tolérance zéro'... Quelques embrouilles anecdotiques entre certains pour une histoire de pot de fleur cassé sur un spot, qui ne durent pas plus longtemps qu'un feu de paille jeté dans l'océan. Street à mort, super hardcore, à grinder les ledges de Valin et à essayer de trouver des nouvelles lines à Ave Maria, tous les jours entre potes, on est peut-être moitié moins qu'à une époque du coup l'ambiance est différente, mais toujours aussi fun, c'est la grande époque de la Kirby Team qui sont désormais les derniers skaters de Blois Vienne, on skatera même des poutres et un matelas dans le grenier de l'un d'eux (Alexis aka. 'Monfion' pour les intimes). David skate toujours mais vient moins souvent sur Blois, néanmoins quand il vient les sessions sont toujours vraiment sympa. 21 janvier, on se fait virer trois fois de la Halle en cinq minutes parce que le maire est en train de donner son speech de nouvelle année dans le bâtiment voisin, on essaye de s'y pointer mais on se fait gentiment refouler (normal). Steven sacrifie une casserole de sa maman pour fabriquer une 'wax magique' en faisant fondre ensemble tout ce qu'il peut trouver de glissant (vaseline, bougie, savon, produit vaisselle Babybel...), au final il obtient un genre de gros bloc multicolore mais qui transforme n'importe quel granit en marbre en un passage. Gros coups de tête plusieurs jours par semaine, en pleine session street à Blois on décidera à moult reprises avec Steven de se rendre au petit bled voisin (Saint Gervais) simplement histoire de taquiner le petit quarter vert dans le coin du petit park local au sol complètement blindé de cailloux. Epoque du 'chien parabole' (la concierge FNiste de l'IUT en face de la Halle aux Grains qui appelle les flics à chaque fois qu'elle voit des skaters en sortant son chien ayant doté ce dernier d'une minerve), tout un programme, on rigolera moins quand sa propriétaire essaiera de renverser Steven en bagnole près d'Ave Maria sous prétexte que 'ç'en aurait fait un de moins'. Un certain Tarek passe à la Halle et fait ses premiers tours de roulements.

Début février, gros abus policier, lors d'une session à la Halle Alexis 'Monfion' se voit balancé tête la première contre le fourgon et fouillé des pieds à la tête alors que quasi assommé, au final après lui avoir pété un bracelet on lui videra son sac au sol avant de lui demander des excuses, tous les skaters présents ont la haine mais rien à faire à part fermer sa gueule (ça n'est que bien plus tard qu'on apprendra l'existence du code de déontologie policière et les recours possibles). On croise régulièrement deux gusses en mountainboard sur les spots, Steven en empruntera un, essaiera direct de gaper quatre marches avec une bordure avant (à Ave Maria), résultat : une dent et demi en moins et une cheville tordue. Premiers ollie late fs shove-it et hensley complies, appris complètement par hasard. Pris de court pour mon orientation, je me rends à plusieurs reprises au CIO pour faire des tests et plus ou moins victime de pression parentale, je commence à envisager l'idée de deux ans d'IUT services et réseaux de communication. En février, Sidaction sponsorise l'ARSB, du coup tous les skaters et rollers de la ville sont conviés à une grosse manifestation de distribution de capotes gratuites dans le centre-ville et les rues piétonnes, affublés de t-shirts de la campagne (d'ailleurs j'ai toujours le mien), bons souvenirs bien fun. Un mois plus tard je discute sur le quotidien du skate en street à Blois et l'utilité d'avoir un park avec Steven, le président de l'ARSB et une pratiquante de roller fitness dans les locaux de la station de radio du Loir-et-Cher (Plus FM) au cours d'une émission débat, puis je fais un stage de deux semaines au service des sports de la mairie pour concocter le dossier du projet qui ne constituait jusqu'alors qu'en un catalogue Cardinaud et deux ou trois prospectus de fabricants divers jetés à l'arrache dans une pochette, alors que la mairie avait communiqué à l'ARSB que le projet était en bonne voie, effectivement, ils avaient juste oublié de préciser qu'il s'agissait d'une voie de garage... Je me mettrai à fond dans le dossier, demanderai des devis et tracerai des plans après m'être renseigné sur les normes, au final je terminerai même quelques jours en avance.

La mode skate est à son apogée, on croise vraiment n'importe qui sur une planche et avec les vacances d'été qui arrivent, c'est la mode des teenagers avec pics sur le bonnet péruvien, gel dans les cheveux pour fucker le système, graffitis revendicateurs dont on a aucune idée de la signification (testé et approuvé, je me marre !) sur le sac et board tagguée anarchie qui envahissent la Halle. Romain S devient bien fort mais choppe le melon en contrepartie pour les quelques mois qu'il passera encore sur une planche, Tarek de son côté est en proie à une phase de progression qui fait halluciner absolument tout le monde, à gaper les six marches en bas de chez lui avec de gros catchs avec un style et une vitesse énorme et à dropper des murs de deux mètres de haut complètement verticaux en elevator, tout en apprenant des impertinences techniques en flat qui en font baver plus d'un en OUT, après seulement quelques mois de skate. Je fais mon mythique heelflip fs darkslide to fakie zipette sur le ledge des six marches de Valin. L'été est particulièrement chaud, du coup avec Steven on continue nos sessions by night, à se lever à 4 heures du matin pour skater jusqu'à midi, à la gare ou sur le curb du château, bref c'est le paradis.

En juillet, road-trip de trois semaines avec David dans le sud de la France, herbergés à Lambesc par sa tante. Grosses difficultés d'organisation mais au final des souvenirs à la pelle, on ride quasiment quotidiennement le petit park en bois de Lambesc jusque 22h30 minimum, mais on bouge aussi à Aix en Provence rider entre autres un spot qui finira sur une tof par Eric Antoine de l'un des frères Shérif (il me semble) et en poster dans SuGaR. Je skate une demi-heure avec Arnaud Simon et je suis complètement déçu par son attitude, là encore je tombe de haut. Au retour j'enchaîne à nouveau les session street avec Steven, carnage urbain.

Le 18 août 2004, le park de Blois est installé au parc des expositions de Blois Vienne, sur une vieille piste de voitures télécommandées en guise d'enrobé. Je me rends compte que le représentant de Trafic Way contacté par la mairie a chamboulé mes plans de fond en comble de manière à refiler ses modules préfabriqués, du coup le résultat final est aux antipodes de ce à quoi le park devait ressembler à l'origine, tout le monde est un peu déçu mais dans l'ensemble on s'en fout vu que c'est quand même ridable, en toute logique s'ensuit une bonne grosse session avec plein de monde jusque tard le soir, je vais manger chez Steven et on projette d'y retourner la nuit avec la Kirby Team qui organise une soirée en parallèle. Finalement, d'eux d'entre eux partis en éclaireur se font agresser sur place par trois manouches dont deux seront choppés par des agents de police tout de même intrigués par le t-shirt 'aide la police, tape-toi dessus' de l'une des victimes. Blois Vienne devenant malfamé dès le coucher du soleil, le climat est donné, il est dangereux de s'aventurer au nouveau park, du coup tout le monde préfère continuer à rider en street. En parallèle la mairie se rend compte que l'ARSB était une association fantôme non déclarée lors d'une réunion où le président, Steven et moi sommes conviés, en gros l'affaire n'était pas nette du tout, mais malgré tout on a eu un résultat et pour nous c'est ce qui comptait.

La Halle devenant vraiment trop fliquée et l'ARSB ne pouvant plus gérer les contestations de PVs avec le commissariat du fait de l'installation du park, l'hiver se passe en grande majorité à Ave Maria qui du coup n'a jamais été skaté aussi abondamment que ces quelques mois. En quelques sessions tous les curbs du spot sont waxés et bien que la place soit ridicule question taille et qu'elle soit située en plein centre-ville, chaque jour une quinzaine de skaters y rident activement - quelques accrochages avec les flics, mais jamais d'amende, l'arrêté municipal ne touche pas ce coin de la ville et personne n'est dupe. J'apprends toute une panoplie de wheelings sur la petite palette d'un mètre de long, que je skaterai pendant des mois alors qu'il ne s'agit en fait que d'un petit pan de trottoir. Grosses sessions également place Valin ou à la gare avec Steven et Romain S. Mouss apparaît de plus en plus fréquemment sur les spots. Rencontre avec Jeff et Crocus. Trois ou quatre tentatives de session au parking couvert d'AVIS dont on se fera finalement virer pour de bon, les appartements juste au-dessus n'étant pas insonorisés, dommage.

Début octobre j'entame comme prévu un an d'IUT services et réseaux de communication - mon année sabbatique est finie, maintenant il est temps de travailler, tout du moins c'est ce que je pense sur le moment. Je lance successivement la version 20six de mon blog, puis son forum. On m'offre un appareil photo Technaxx avec mode vidéo pour Noël, dorénavant j'utiliserai exclusivement cet engin pour grappiller du footage, laissant ma vieille webcam de côté dans un tiroir de bureau poussièreux.

A suivre.

# Posté le samedi 27 janvier 2007 19:24